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Vacances scolaires : comment les familles du Luxembourg occupent neuf semaines d'été
Entre maisons relais, stages de clubs, colonies et grands-parents, la solution est presque toujours un assemblage. Ce qui existe, ce que ça coûte, et quand il faut s'y prendre.

Les grandes vacances durent neuf semaines au Luxembourg, du milieu du mois de juillet à la mi-septembre. Aucun employeur n'accorde neuf semaines de congé, et la plupart des parents n'en ont pas cinq. C'est le calcul que refont chaque printemps des dizaines de milliers de familles du pays, y compris parmi les frontaliers dont les enfants sont scolarisés ici.
Il n'existe pas de solution unique. Il existe un assemblage, et il se prépare tôt.
Les maisons relais, la colonne vertébrale
Les services d'éducation et d'accueil, que tout le monde appelle maisons relais, restent ouverts pendant une bonne partie des vacances, avec un programme d'activités : sorties, piscine, ateliers, parfois une semaine à thème. Ils constituent la solution principale pour les familles où les deux parents travaillent.
Le coût est encadré par le chèque-service accueil. Le tarif dépend du revenu du ménage et du nombre d'enfants, avec un nombre d'heures gratuites par semaine pour les enfants scolarisés, puis un tarif horaire progressif. Pour beaucoup de familles, une semaine complète de maison relais en été revient nettement moins cher qu'une semaine de stage privé.
Deux points de vigilance. D'abord, toutes les maisons relais ne restent pas ouvertes toutes les semaines : plusieurs communes regroupent l'accueil sur un seul site en août, parfois dans une autre localité. Ensuite, l'inscription aux périodes de vacances se fait à l'avance, souvent au printemps, et les places sont limitées. Une famille qui s'y prend en juin découvre parfois qu'il n'y a plus rien.
Les stages des clubs et des fédérations
La deuxième brique, ce sont les stages sportifs. Les clubs de football, de tennis, de natation, de gymnastique organisent des semaines d'été pour leurs licenciés et souvent pour les enfants extérieurs. Les fédérations et le ministère des Sports proposent également des programmes de découverte multisports, où l'enfant essaie plusieurs disciplines dans la semaine.
Les tarifs vont grossièrement de 80 à 150 euros la semaine pour un stage sans hébergement, davantage pour les stages avec repas ou pour les formules linguistiques. Les horaires ne couvrent presque jamais une journée de travail complète : un stage de 9 h à 16 h laisse deux heures à combler pour beaucoup de parents.
C'est là que l'assemblage devient technique. Certaines communes ont mis en place un accueil avant et après le stage, d'autres non. Cela se vérifie au moment de l'inscription, pas après.
Colonies et séjours
Le Luxembourg a une tradition de colonies bien installée, portée par les mouvements de jeunesse, les associations et certaines communes : séjours en Ardenne, à la mer, en montagne, généralement d'une à deux semaines, à partir de six ou sept ans selon les organisateurs.
Pour un enfant, c'est souvent la première expérience de vie en groupe sans les parents, et les organisateurs constatent qu'elle se passe d'autant mieux qu'elle n'est pas trop tardive. Pour les parents, c'est la seule formule qui couvre réellement une semaine entière.
Les inscriptions ouvrent en général entre janvier et mars pour l'été suivant. Les séjours les plus demandés sont complets avant les vacances de Pâques.
Le calendrier à retenir
En janvier et février, ouverture des inscriptions aux colonies et aux séjours. Au printemps, inscriptions aux maisons relais pour les périodes de vacances, et publication des programmes de stages par les clubs et les communes. En mai et juin, il reste surtout des places sur les stages de dernière minute.
Ce décalage est la principale source de stress des familles qui arrivent au Luxembourg en cours d'année : le pays fonctionne avec un calendrier d'inscription très en amont, et personne ne le leur dit.
Ce que les enfants en disent
Un point que les organisateurs relèvent souvent, et qui va à contre-courant de la logique d'optimisation parentale : les enfants qui enchaînent neuf semaines d'activités encadrées finissent fatigués. Le programme dense n'est pas nécessairement le meilleur.
Les recommandations qui reviennent chez les professionnels de l'enfance sont plutôt de garder des plages sans rien de prévu, où l'enfant s'ennuie, joue dehors, ne fait pas grand-chose. Ce n'est pas toujours compatible avec deux parents qui travaillent, et personne ne devrait culpabiliser de ne pas pouvoir l'offrir. Mais quand le choix existe : une semaine chez les grands-parents, une semaine à la maison avec un parent en congé -, il n'est pas moins bon que le stage le mieux organisé.

